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Charnel Houses of Europe - The Shoah

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Références

Contributeurs

Contenu de l'ouvrage

Matériel

Livre de 126 pages à couverture souple.

Description

Charnel Houses of Europe - The Shoah décrit le drame des Juifs déportés durant la Seconde Guerre Mondiale et les conséquences de l’Holocauste sur l’Outremonde. Il fait partie de la collection Black Dog, dont le contenu est réservé aux joueurs avertis et majeurs. Chaque chapitre commence par une illustration pleine page et la mise en page met en avant le thème des barbelés.

Après une page de titre, une illustration double page montrant les déportés sur les berges de l’Outremonde (affichant “Plus jamais”), une page de crédits, une page de sommaire, l’ouvrage débute par un essai Mi Yagid Labanim (5 pages). Cet essai est écrit par Janet Berliner, une auteure dont les parents ont fui les Nazis, qui a été consultante pour la rédaction du supplément. Elle y explique que le jeu de rôle peut être un autre moyen de témoignage.

La courte nouvelle Ghost Story : The Rusalka (4 pages) précède l’Introduction (4 pages). Celle-ci explique les objectifs du livre : raconter l’histoire tragique de l’Holocauste à travers un nouveau medium, le jeu de rôle. L’auteur explique également qu’il faut différencier les influences surnaturelles du Monde des Ténèbres de la réalité historique : les créatures n’ont pas provoqué la Shoah dans cet univers, elles en ont seulement profité.

The Telling of the Agonies, A Chronicle of the Millions (20 pages) décrit la montée du Parti Nazi en Allemagne et la ségrégation des Juifs et d’autres minorités, depuis les premières humiliations jusqu’à la programmation et la mise en œuvre du génocide. Des encadrés décrivent les conséquences sur le monde des Wraiths. La dernière section du chapitre se consacre cependant entièrement à l’Outremonde : les auteurs expliquent que l’arrivée de fantômes en masse à Stygia créa de nouvelles communautés et causa de nombreuses conséquences pour la Hiérarchie.

An Antechamber of the Dead, The Theresienstadt Ghetto (18 pages) décrit l’un des ghettos juifs ayant servi de faire valoir aux Nazis pour tromper les Alliés sur la fonction réelle de ces camps. Il servira de pont pour la déportation vers Auswitch. Sont décrits, avec plan à l’appui, la vie dans le ghetto et son histoire. Le Cercle, une communauté de Wraiths dans les Terres d’Ombre venus de Theresienstadt est aussi décrite, avec des idées de scénarios et des PNJs.

Beyond the Wall : The Ghetto of Warszawa (18 pages) décrit le ghetto juif de Varsovie. Les auteurs décrivent l'histoire de ce ghetto célèbre : sa création par les Nazis et les drames survenus. Les groupes rebelles sont ensuite passés en revue : sous la main de fer des SS, certains habitants du ghetto formèrent des cellules de résistance. Après avoir parlé des tueries organisées par les Nazis, les auteurs décrivent le ghetto des deux côtés du Voile : lieux importants et groupes de wraiths actifs à cette époque. Des portraits de wraiths influents et des idées de scénario terminent le chapitre.

A Struggle for the Forsaken : Babi Yar (18 pages) décrit le site d'un massacre, où plus de 33000 Juifs furent exécutés, à proximité de Kiev. Les auteurs expliquent comment le massacre s'est déroulé et quels ont été les conséquences pour la région, notamment sur l'Outremonde avec l'ouverture d'un Nihil et l'arrivée de nombreux Spectres. Le chapitre se termine par le portrait de plusieurs wraiths importants ainsi que d'une carte de la région, devenue extrêmement hostile aux Ombres.

Behind the Wire : Oswiecim (Auswitch-Birkenau) (34 pages) décrit le lieu le plus tristement célèbre de l'Holocauste. L'histoire de la création du camp et de son évolution sont expliquées avec beaucoup de détails, année par année, ainsi que les conséquences sur le monde des vivants et sur l'Outremonde. De nombreux encadrés décrivent plusieurs lieux particuliers du camp, comme par exemple un camp de Gitans. La Necropolis d'Auswitch est ensuite détaillée, avec ses factions, ses intrigues et ses personnages influents. Le chapitre se termine par un lexique, des idées de scénario ainsi qu'un plan du camp de la mort.

Cette fiche a été rédigée le 9 décembre 2013.  Dernière mise à jour le 30 août 2019.

Critiques

batronoban  

J'étais à Berlin, dans le monument de l'Holocauste. Un grand espace plein de piliers de différentes tailles. On peut imaginer beaucoup de choses lorsque l'on marche dans ce labyrinthe de piliers sombres. C'était un matin avec un grand ciel bleu. Pourtant c'était assez inquiétant. Et, paradoxalement, dans ce lieu d'hommage, il y avait des enfants qui jouaient à cache-cache entre les colonnes. On entendait leurs rires qui se répercutaient en écho. C'était étonnant. On voudrait être sérieux, on voudrait communier avec la mémoire des morts, mais ces enfants faisaient les pitres, et même les parents se prêtaient au jeu.

Je n'ai pas eu l'impression que c'était une mauvaise chose. Il y avait finalement de la vie dans ce lieu très lourd. Lire ce supplément m'a fait le même effet : celle d'une ambiguité, celle d'un livre aux thèmes particulièrement sensibles en France, l'étonnement devant un bouquin de jeu qui ose mettre en scène un génocide bien réel pour le transporter dans son univers fictif. On a ainsi des portraits de victimes devenues des fantômes, ce qu'elles font de leur après-vie (souvent encore plus horrible que les tortures qu'elles ont subies), le descriptif de camps de la mort ou d'un lieu de massacre. Mais tout cela est raconté d'une manière tantôt neutre, tantôt sensible. Impossible pour moi de vérifier tout ce qui est décrit dedans niveau historique. En tout cas, les auteurs expliquent clairement leur objectif : ce supplément est une expérience, un outil pour, pourquoi pas, raconter ce qui s'est passé. Le jeu de rôle peut-il être un outil de mémoire historique sur un évènement traumatisant pour tout un continent ?

Voilà la problématique, à mon avis insoluble. Par moments, j'ai été gêné de lire le parallèle fictif du jeu (les factions, les Guildes, la Hiérarchie, les Spectres, etc) mis en superposition avec des évènements réels d'Auswitch par exemple. Parce qu'instinctivement, avec tout ce que j'ai appris à l'école et à la télé, on ne peut pas toucher à la Shoah. On ne peut pas la revivre et pourquoi pas modifier des évènements ou jouer à sauver des Juifs prisonniers par exemple. Parce que le JdR le permet, normalement. Pourtant, je ne me vois pas faire une partie de jeu de rôle qui se déroule à cette époque, avec ce génocide. Le livre propose quand même de nombreuses pistes tout à fait faisables. Mais j'imagine pas mes joueurs actuels être à l'aise durant quatre heures avec ce sujet.

Wraith c'est déjà hyper glauque. Le livre de base donne envie de se jeter par la fenêtre rien qu'à voir les illustrations. Alors imaginez en rajouter avec la Shoah... wouh... 

Et puis, je me dis que rien n'est impossible. Que les auteurs nous offrent ici une opportunité de mettre en scène nos peurs, notre envie de revivre le passé, aussi difficile soit-il, et nos souvenirs à travers un one-shot durant lesquels les personnages vont aider les morts par milliers et être pris dans les conséquences de cette horreur. Avec du tact, avec une préparation des joueurs et un scénario au poil, c'est possible. Le livre donne honnêtement tous les outils nécessaires : synthèse des années de la guerre, évolution du génocide, PNJs, idées de scénarios, plans détaillés, lieux, etc.

Tout comme au monument de Berlin, je pense qu'il est possible de "rire dans les piliers", de s'approprier ce contexte pour en faire quelque chose d'intéressant. Le temps d'une soirée, pas plus. Je pourrais pas plus.

Je vais le noter 4 parce qu'il remplit son objectif : rendre jouable un tel contexte - et aussi pour avoir osé. On peut le juger de très mauvais goût, mais il faut le lire pour s'en faire un avis, et la lecture m'a rassuré sur l'honnêteté des auteurs. Et puis, j'en ai pas mal appris sur cette période avec ce livre, finalement... j'ai accepté de lire avec attention Charnel Houses alors que j'évite tous les documentaires sur la Shaoh à la télé de nos jours, car je trouve ça trop déprimant. Finalement, le médium du jeu à marché aussi. Allez, je vais lire "Jouer avec l'Histoire" de Pinkerton Press pour préparer ça.

 

Critique écrite en décembre 2013.

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