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La société pardonne souvent au criminel, jamais elle ne pardonne au rêveur (O. Wilde)

Shadow Court (The)

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Références

Contributeurs

Contenu de l'ouvrage

Matériel

Livre de 128 pages en couleurs à couverture souple.

Description

Après une page de couverture intérieure, les crédits sur une page et une page de sommaire, le supplément débute avec une introduction, An End to Innocence (2 pages), résumant le contenu du livre. Puis vient une nouvelle d’introduction, Rebirth (10 pages), signée Jackie Cassada, auteur de la trilogie de romans Changelin. Elle explique que plus rien n'est ni blanc, ni noir, et qu'on ne peut espérer se raccrocher à aucune loi pour comprendre le cours des ombres. C'est l'histoire de deux frères, seelie et unseelie, qui vont partager d'étranges expériences la nuit de Samhain, nuit de prédilection du cours des ténèbres, au cours de laquelle les Seelie passaient traditionnellement le pouvoir aux Unseelie.

Si le chapitre un, Endless Winter (6 pages), s'intitule l'hiver sans fin, c'est lié au fait que la Cour des Ombres (Shadow Court) ne croit pas que le temps de l'automne peut durer. Pour survivre à la banalité, il va falloir hâter son triomphe (l'hiver) pour pouvoir la dompter. Pour en comprendre toute la teneur, on retrouve dans ce chapitre l'historique de la Cour des Ombres (Unseelie) avant qu’elle ne devienne la Shadow Court, quand celle-ci était encore le pendant de la Cour des Lumières (Seelie). Puis arrive le cycle des événements sur les 600 ans qui se sont écoulés depuis l'Eclatement jusqu’à la Résurgence. Le manifeste actuel de la Shadow Court est détaillé : comprendre le monde des ténèbres et établir les alliances nécessaires ; stocker de la féerie (glamour) pour préparer l'hiver ; renverser la Cour des Lumières et sa noblesse orgueilleuse ; respecter les rituels de Samhain ; répandre le chaos, la révolution et l'anarchie !

Comment ? Les membres de la Cour des Ombres ont une façon de faire décrite dans le chapitre 2, The Way of Shadow (16 pages). Ils l'appellent la parade (pageant) et elle incorpore une version originale de la romance telle qu'envisagée dans Nobles : the Shining Host, de l'honneur, et de la politique. On y découvre non seulement leur vision du parlement des rêves (The Parliament of Dreams), mais aussi quelques sociétés secrètes :

  • les Chevaliers de la Froide Garde (Knights of the Cold Watch), qui gardent vigoureusement contre les dangers du Songe
  • l'Oeil qui Luit (Glowing Eyes) de la Maison Balor
  • les Pélerins de la Voie Lumineuse (Pilgrims of the Bright Road) qui explorent le chemin qui mène vers le pays des Ombres
  • la Croisade des Enfants (Children’s Crusade), des gamins redcaps qui assassinent les nobles seelie
  • le Berceau du Chat (Cat’s Cradle) qui sert de faction diplomatique pour établir des relations entre la Shadow Court et les Seelie

On y découvre aussi les différentes relations de la Shadow Court avec les autres créatures du Monde des Ténèbres et notamment les alliances avec les vampires (principalement le Sabbat), les garous, quelques mages des Traditions et les Wraiths.

C'est le moment de passer au calendrier annuel des festivités, Wheel of the Year (12 pages). En effet, la Cour des Ombres oeuvre en secret dans les fêtes et grands événements qui ponctuent le calendrier annuel, malgré la vigilance des Seelie.

Il est temps de découvrir les moeurs des différents kithains lorsque la part de leur nature Unseelie a pris le dessus, comme décrit dans Shadow Courtiers and Other Unseelie (28 pages). Tous les kiths sont ainsi redétaillés sous cet angle. Viennent ensuite les 3 maisons nobles Unseelie que l’on retrouvera reprises dans Book of Lost Dreams puis détaillées dans Pour L'Amour et Liberte : The Book of Houses II. Le chapitre se conclut sur les Thallain, ou les kiths exclusivement Unseelie : beasties, boggarts, bogies, goblins, ogres. Chaque Thallain est décrit sur une double page avec une illustration grand format pour en donner une idée précise et se termine avec la présentation d’un nouvel historique : Prestige, équivalent du titre de noblesse dans les 3 maisons nobles Unseelie, sauf qu'il est remis en question chaque année.

Afin de former un tout cohérent, deux nouveaux arts exclusifs à la Cour des Ombres sont détaillés dans The Dark Arts (8 pages) : Mépris (Contempt) qui permet de résister à Souverain en semant le chaos ; et Tromperie (Delusion) qui permet de se déguiser, de faire oublier certaines choses ou de confier des missions secrètes.

Adressé plus particulièrement au maître de jeu, le chapitre 6, Storytelling (14 pages), prodigue des conseils dans le cadre d’une chronique centrée avec de personnages Unseelie : glaner du Glamour (ravaging), introduire des bêtises (Bunks) moins gentillettes, et divers autres conseils et idées de scénarios sont proposés.

Le chapitre 7, Samhain (8 pages), est plus particulièrement consacré à la nuit de Samhain communément appelée Halloween. Il détaille les démonstrations de pouvoir que les Seelie peuvent faire à ces occasions notamment en mettant en œuvre des rituels perçant le Voile pour pénétrer jusque chez les Wraiths.

Le chapitre 8, Notorious (and not so notorious) Kithains (16 pages) est une courte galerie de personnages non-joueurs majeurs par les Seelie. On y retrouve notamment Yrtalien, l'ennemi de la trilogie changelin. Le chapitre se termine par des archétypes prêts à jouer décrits sur une page et reprenant sur une autre page une feuille de personnage comprenant leurs caractéristiques.

Le supplément se conclut avec une page de publicité pour le jeu de cartes Arcadia et un modèle de fiche de personnage pour la Shadow Court en 4 pages.

Cette fiche a été rédigée entre le 8 mai 2000 et le 8 mai 2009.  Dernière mise à jour le 30 août 2019.

Critiques

Stephane 'Docteur Fox' Renard  

Ah!!! Mythique et introuvable!!!

On peut se considérer heureux si l'on n'en récupère ne serait-ce qu'une photocopie après des mois de recherche. Heureusement qu'une partie du matériel est retranscrit sur des sites webs ou dans d'autres livres parce que ce qui s'y trouve est au coeur de la thématique changelin.

Tout ce qui est dans ce tome a fait couler de l'encre : les maisons unseelie (il y en a eu d'autres depuis), l'existence meme de la conspiration du shadow court (évoquée dans chaque supplément), les thallains (les méchants changelins qui attendent au coin de la rue), tout cela forme le matériel que l'on retrouve par ci par là, par bribes.

Ce qui est le plus irremplaçable, c'est la nouvelle d'introduction (excellente, merci Jackie), et les différentes descriptions de l'état d'esprit unseelie et de la façon de voir du shadow court. Et puis les plans pour la venue de l'hiver. Même si changelin est devenu beaucoup plus politique après la seconde édition, on retrouve ici en version cauchemar, ce qui faisait le charme de la première : l'accent mis sur l'esprit d'enfance.

Cédric Ferrand  

Après avoir le côté pile de la pièce, il était indispensable de mettre en évidence l’importance du côté face. C’est désormais chose faite avec ce supplément qui réussit l’exploit de décrire le "côté obscur de la force" sans pour autant tomber dans un manichéisme de complaisance. A sa lecture, on se surprend à progressivement comprendre les motivations Unseelies et à imaginer des personnages torturés mais plein de relief. Bref, c’est un aspect indispensable de Changeling.

Seul hic au tableau, certains kiths (je pense aux Beasties en particulier) sont particulièrement ridicules et ne revêtent aucun intérêt de conte. Mais le conteur est libre d’ignorer cela pour préférer mettre l’accent sur des histoires d’amour impossible (il est un seelie, elle est unseelie) ou bien faire comprendre aux joueurs que les 2 cours sont indissociables et complémentaires.

Un supplément quasi-indispensable en somme.

matreve  

Bien sûr, on pourrait se mettre dans le sillage des respectables critiques du Docteur Fox ou de Cédric Ferrand et saluer Shadow Court comme un sourcebook majeur pour Changelin, dévoilant les coulisses des Unseelie, et plus particulièrement la Shadow Court, qui permet de mettre en scène de nouveaux antagonistes aux motivations complexes.

Mais non, la pilule n'arrive pas à passer. Après Dreams and Nightmares qui nous avait fait le coup - sous prétexte d'être le supplément de référence sur le Songe - de se résumer au guide de l'Umbra pour Changelin, bienvenue dans Shadow Court, équivalent du Player's Guide to the Sabbat pour Vampire, ou plus basiquement le Player's Guide de ceux d'en face, en version bad mais avec circonstances atténuantes malgré tout.

Et White Wolf de nous décliner a la nausée un supplément téléphoné tellement il suit une structure déjà éprouvée dans les autres jeux de la gamme World of Darkness :

 

  • les nouveaux kiths (la partie la plus réussie) qui nous fait le coup des clans du Sabbat 
  • les antitribus histoire d'être exhaustif (les kiths du livre de base en version Unseelie) 
  • les nouvelles maisons nobles avec comme il se doit son lot de tiroirs secrets, dévoilant - mazette, quelle trouvaille ! - celle qui ourdit des plans secrets façon Secte de la Main Noire 
  • plein de joyeuses considérations anecdotiques sur les changelins de l'Unseelie (ils sont sournois mais pas tant que cela bla bla...) 

 

Un MJ courageux saura passer outre ces désagréments et trouver à chaque détour de page une nouvelle façon d'envisager Changelin avec ces adversaires, autrefois pendant de la Cour Seelie et ayant une proximité avec les autres créatures du World of Darkness, qui permet de démultiplier les combinaisons d'alliance et de trahison.

Je regretterai pour ma part un supplément ultra-convenu où le matériel proposé n'est qu'un copier / coller en sens inverse de ce que White Wolf a pu publier auparavant. Quelle facilité ! On se surprend à trouver le supplément banal ce qui pour Changelin relève de la haute trahison.

Le tort de ce livre est d'avoir été écrit à la façon d'un Player's Guide (il ne manque ni les nouveaux arts, ni la feuille de personnage pour permettre à vos joueurs de basculer vers le côté semi-obscur). Ce supplément aurait grandement gagné à être construit sur une structure similaire au Book of Madness pour Mage et se cantonner à décrire des adversaires imprévisibles, méconnus, mais dont le paradigme était propre à bousculer les convictions de nos changelins.

En noyant le tout sous un fatras de détails à l'intérêt éminemment discutable, White Wolf nous noie sous une somme de lieux communs. De l’air !

Critique écrite en mai 2014.

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